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Photographies migrantes

Une des obsessions des photographes est la représentation: comment représenter quoi. Derrière chaque projet photographique, il y a des années de réflexions et de tests pour parvenir à représenter de manière synthétique un thème dans une image, à travers les filtres de l'expérience personnelle, du message au public et de la complexité technique de l'appareil photo.

Deux photographes différents nous parlent différemment des flux migratoires, avec des tons éloignés l'un de l'autre et nous confirment qu'il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon de prendre des photos, de les représenter, de communiquer. Certaines images atteignent immédiatement nos cœurs et nous les aimons au premier regard, d’autres nécessitent une réflexion plus longue pour être comprises, d’autres sont dérangeantes et nous les rejetons. Dans tous les cas, un travail photographique nous parle, nous informe, nous nourrit.

Bruno Boudjelal et Thierry Dana, unis par leurs origines maghrébines et leur vie en Europe, nous donnent leurs représentations personnelles de la migration vécue directement ou à travers les histoires de membres de la famille.


"Être et avoir" de Thierry Dana

Dans la salle bondée de la Maison des Arts du Grütli, les images rigoureuses de Thierry Dana avec tous les objets photographiés sur un fond blanc et la disposition précise des panneaux métalliques, chacun soutenu par deux fils minces, transmettent une représentation presque cimetièriale, comme si ces objets ornaient des niches funéraires et représentaient le défunt qu'elles abritent. La rigueur stylistique de l'auteur est claire, la représentation des migrations à travers le "still life" précise est très intéressante. Les images sont silencieuses mais fortes, elles m'arrivent directement, m'apportant un sentiment de désarroi à l'idée de m'imaginer, avant le départ, choisissant l'objet qui m'est cher. Dans le tumulte de l'inauguration, je voudrais demander aux visiteurs un silence respectueux.



«La traversée des apparences» de Bruno Boudjelal

Sous la pluie fine, je me dirige vers l'espace Cairn de Meyrin qui abrite les photographies de Bruno Boudjelal. L'inauguration n'a pas encore commencé, les salles sont désertes mais les photographies hurlent, pleines d'une énergie dramatique. Elles sont de formats différents, en couleur et en noir et blanc, floues ou mises au point, portraits, paysages, objets. Leur disposition change à chaque coin des deux étages de la villa et les images bougent dans les vidéos sur les radeaux en migration. Une grande confusion où les images semblent aléatoires et déformées, elles parlent fort, nous ne comprenons pas bien les mots, mais elles nous appellent, elles ont besoin de notre aide.


Je ne sais pas quelle est la représentation la plus touchante, mais il me semble que les deux auteurs aient réfléchi et travaillé en profondeur pour arriver à ces images.

Le silence arrive aussi fort que le bruit, le blanc devient sombre tandis que le noir est brillant.


Ramona Vada





Expositions de photographies dans le cadre du FIFDH www.fifdh.org:


«Être et avoir» de Thierry Dana

9-17 mars 2019, Maison du Grütli-Espace Hornung, Genève


«La traversée des apparences» de Bruno Boudjelal

9 mars-7 avril 2019, Le Cairn-Espace culturel, Meyrin



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Photo geneve

Copyright © Ramona Vada 2020

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